Atlas du Mercosur
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L’Atlas du Mercosur rassemble une série de cartes montrant l’organisation des territoires dans ce grand espace économique qui comprend l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay auxquels sont associés le Chili et la Bolivie. Par rapport aux représentations usuelles, généralement limitées à un seul pays, l’Atlas du Mercosur a l’ambition de montrer des phénomènes binationaux ou multinationaux, intéressant aussi bien les États dans leur intégralité que leurs villes ou leurs régions.

Préparé par les initiatives des présidents José Sarney (Brésil) et Raul Alfonsin (Argentine) qui ont signé une série d’accords de coopération, dans les années 1980, le Mercosur naît officiellement en 1991 avec le traité d’Asunción réunissant les quatre pays fondateurs, complété en 1994 par le protocole d’Ouro Preto qui fixe le cadre institutionnel de ce marché. Juridiquement, le Mercosur consiste en un marché commun, dans lequel biens et capitaux, devraient pouvoir circuler sans entraves. A ce titre, il est à rapprocher des autres organisations américaines – comme la communauté andine – et des zones de libre échange, comme l’ALENA qui constitue sous la houlette des États-Unis un puissant pendant au marché commun du Sud. Toutefois, ces ensembles économiques ont souvent eu du mal à fonctionner après le volontarisme politique de leurs débuts. Produisant des biens semblables, les Etats latino-américains échangent moins avec leurs voisins qu’avec le reste du monde et ont connu des différends frontaliers ou idéologiques et des rivalités géopolitiques qui ont empêché le renforcement d’ensembles plurinationaux initialement pensés sur le modèle de l’Union européenne.

L’originalité du Mercosur, c’est qu’il réunit deux grandes puissances du continent  - l’Argentine et le Brésil – dont les économies présentent de réelles complémentarités même si la concurrence n’est pas absente dans certains secteurs. Il représente un marché de plus de 200 millions d’habitants pouvant à lui seul justifier des implantations économiques. Il est riche de multiples ressources naturelles – gaz, pétrole, minerais en tout genres, denrées agricoles – et fort d’une population diplômée, formée par quelques-unes des meilleures universités du continent. Le rapprochement politique entre Argentine et Brésil représente un tournant dans une histoire diplomatique marquée plus par l’affrontement que par la coopération et semble inaugurer une nouvelle étape dans les relations diplomatiques entre les pays, mais aussi quant à leur rôle dans les instances internationales comme les Nations Unies, ou encore dans leurs rapports avec leurs voisins.  Enfin, ce rapprochement ne s’est pas limité aux seuls États : entreprises, municipalités, universités, syndicats, prennent aujourd’hui mieux en compte les partenaires du pays voisin. Sans eux, l’intégration voulue par les États resterait lettre morte.

C’est dans ce contexte qu’évoluent aujourd’hui les territoires des pays du Mercosur : les implantations industrielles sont conçues à l’échelle de ce grand marché, les politiques de gestion urbaine font l’objet d’échanges entre les municipalités des six pays associés, les voies de communications ne sont plus conçues dans la seule dimension nationale mais par rapport à des perspectives continentales.

L’Atlas du Mercosur présente donc dans sa première partie l’organisation d’un grand espace à travers une série de cartes montrant des phénomènes à l’échelle des pays associés, en oubliant provisoirement les frontières. C’est à cette échelle que l’on peut voir comment se structure le Cône sud du continent latino-américain, repérer les contrastes, les points de force où se concentrent la population et les richesses et les zones de faiblesse marquées par la pauvreté ou l’isolement. Dans la perspective d’une intégration entre les États, il ne faut en effet pas perdre de vue les contrastes internes à chacun d’eux qui peuvent représenter autant de zones de fragilité, de régions problèmes, dont le devenir est incertain. Ces données sont éclairées par l’analyse géo-historique qui montre la formation de ce grand espace depuis l’époque coloniale.

La deuxième partie s’interroge sur les dynamiques d’intégration et cherche à évaluer la réalité d’un processus très présent dans le discours. Elle étudie donc les réseaux qui connectent les pays du Mercosur et facilitent les échanges, les activités économiques qui présentent ou non des complémentarités et se penche enfin sur les espaces des institutions, gouvernementales ou non gouvernementales qui font vivre l’intégration à différentes échelles.

La troisième partie éclaire les rapports entre Mercosur et mondialisation, deux phénomènes dont il faut se demander s’ils répondent à des logiques cohérentes ou contradictoires. En effet, si le rapprochement entre les pays facilite les circulations économiques internes conformément aux tendances de la mondialisation de l’économie, il limite aussi les échanges avec le reste du monde. Le rôle des ports, pivots des échanges avec le reste du monde et débouchés des grands itinéraire transcontinentaux, doit être évalué dans cette perspective. C’est aussi par rapport à d’autres grands ensembles comparables que l’on peut chercher à comprendre les spécificités du Mercosur.

Enfin, la quatrième partie porte sur l’évolution des territoires locaux et régionaux par rapport au nouveau contexte géoéconomique. Les grandes métropoles bénéficient pleinement du processus de construction d’un grand marché qui élargit leurs horizons économiques, même si cela amplifie la concurrence entre elles. Ce phénomène est plus marqué encore pour les villes secondaires qui soit qu’elles se trouvent excentrées, soit qu’elles ne disposent pas d’infrastructures de bon niveau doivent se préparer à des reclassements ou imaginer des stratégies originales de développement. Inversement, les périphéries des territoires nationaux peuvent voir s’accroître les flux qui les traversent à la suite de la création de nouvelles infrastructures. Elles deviennent des espaces d'articulation entre les territoires nationaux, marquées par des dynamiques originales. Restent des espaces périphériques qui doivent réagir par rapport à des dynamiques de rapprochement ou d'intégration qui n'ont pas été pensées par rapport à leurs caractères spécifiques. 

Retrouvez la carte et son commentaire en deuxième partie de l'Atlas

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Pour suivre l'Atlas comme un livre :Suivante Projections | Statistiques | Cartothèque © Atlas du Mercosur, novembre 2003