Institut des Hautes Etudes de l'Amérique latine
Centre de recherche et de documentation sur les Amériques

Au-delà de la crise, penser les intégrations dans les Amériques

28 mai 2019, 9h30-18h00

 

Journée d’étude de l'IHEAL-CREDA

 

Mardi 28 mai 2019

9h30-18h

 

Amphithéâtre

28 rue Saint-Guillaume 75007 Paris

 

La journée d’étude pluridisciplinaire sur les intégrations est organisée dans le cadre de l’axe de recherche « Action publique – Action collective » du CREDA-IHEAL et est inscrite dans le programme de la Semaine de l’Amérique Latine et des Caraïbes (SALC).

 

Au-delà de la crise, penser les intégrations dans les Amériques

 

Cinquante ans ont passé depuis la signature de l’accord de Cartagena qui créa la Communauté Andine (1969). Les autres zones d’intégration d’Amérique latine et des Caraïbes fonctionnent également depuis plusieurs décennies (Système Centre-Américain, Communauté Caraïbe, Marché Commun du Sud…). Les intégrations s’inscrivent durablement dans le paysage économique et les agendas politiques des Amériques. Plurielles, elles peuvent porter des ambitions géopolitiques pour renforcer la puissance des États ou assurer le développement via la constitution de vastes zones de libre-échange. Malgré la crise actuelle des régimes politiques américains, sur fond de populisme, les accords d’intégration résistent au temps. Même l’Accord de Libre-Échange de l’Amérique du Nord, renégocié sous la contrainte du gouvernement américain, tient encore et sera renouvelé sous une autre forme.

Dans le contexte d’une mondialisation célébrée par les uns et combattue par les autres, il est indispensable de réfléchir à la résilience de l’intégration, qu’elle opère dans le champ des accords institutionnels, des projets économiques ou des grands récits politiques. Quelles sont les lignes de force qui soutiennent cette permanence des rapprochements entre nations, des coopérations interétatiques dans les Amériques ? Les objectifs de souveraineté, de développement, de solidarité sont clairement au coeur de de ces problématiques complexes.

 

 

 

Notre réflexion portera sur quatre thématiques, en retenant particulièrement la dimension territoriale.

1. Les échelles des intégrations

Les États-nations issus des dislocations des grands empires coloniaux (Espagne, Angleterre, France) au début du 19ème siècle, ainsi que plus tard le Canada et le Brésil, ont dû organiser l’immense espace américain à différentes échelles et établir des relations avec leurs voisins. Ces constructions régionales ont pris différents contours : du panaméricanisme qui se proposait une union continentale du Nord au Sud aux accords régionaux d’intégration (Amérique centrale, Caraïbes, aire andine, Cône Sud). Nous souhaitons interroger ces échelles de l’intégration pour démontrer qu’elles sont capables de changer le sens même des projets.

2. Inscription territoriale et jeux de frontière

Les projets d’intégration ont une dimension institutionnelle, économique, sociale et politique. Nous assumons cette pluralité, tout en faisant le choix de nous concentrer sur l’entrée territoriale. L’intégration ne peut être viable sans une transformation profonde des territoires – au travers, par exemple, des infrastructures de transport et de connexion-. Elle passe aussi par une transformation de la valeur conférée aux frontières : ouvertes lorsque l’intégration est portée par un paradigme économique de marché commun, fermées lorsqu’elle conduit à mener une résistance politique contre une mondialisation jugée « déterritorialisante ».

3. Les acteurs de l’intégration

L’intégration est le plus souvent analysée sous l’angle des relations internationales comme une construction politique portée par les seuls acteurs étatiques. Nous souhaitons compléter cette perspective en montrant qu’elle s’accomplit aussi par le bas au travers d’acteurs privés qui sont également des agents d’intégration : grandes entreprises intervenant sur tous les terrains, réseaux universitaires et scientifiques, métropoles connectées, migrants quittant les pays en crise et en quête de meilleure fortune (Mexicains, Cubains, Haïtiens, Honduriens, Vénézuéliens, Boliviens…).

4. Un enjeu théorique : faire des intégrations dans les Amériques un outil de compréhension de la mondialisation

En Amérique du Sud et en Amérique centrale, l’Europe a servi de référence pour tous les projets d’intégration. En Amérique du Nord « l’hyperpuisance » américaine s’est imposée pendant longtemps dans le cadre d’une grande asymétrie géopolitique. À l’heure où la construction européenne souffre de désaffection et où l’hégémonie nordaméricaine est remise en question, il est temps d’inverser la perspective et de porter l’attention sur ce que l’Amérique nous apprend des projets d’intégration et sur ce qu’un examen comparatif des processus d’intégration nous apporte au niveau théorique. Posée comme une hypothèse, l’intégration peut être une réaction à une mondialisation réductrice et à la projection de puissances hégémoniques menaçantes pour la souveraineté des États, surtout pour les États de petite taille et de moyenne taille. Ainsi l’étude des intégrations peut s’inscrire dans un débat plus large sur les effets territoriaux de la mondialisation.

 

Coordination de la journée d’étude :

Christian Girault CREDA-IHEAL christian.girault@cnrs.fr

Tél. : 01 49 60 49 06

Laetitia Perrier-Bruslé Université de Lorraine laetitia.perrier-brusle@univ-lorraine.fr

Tél. : 07 87 89 60 12

 

Cet évènement est organisé dans le cadre de

la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes.

 


Entrée libre dans la limite des places disponibles. La réservation est obligatoire. Merci de nous écrire à l’adresse suivante : evenements-iheal@sorbonne-nouvelle.fr