Institut des Hautes Etudes de l'Amérique latine
Centre de recherche et de documentation sur les Amériques

Pôles de recherche

Le Centre de Recherche Et de Documentation des Amériques se structure autour de quatre pôles de recherche :

Les Amériques en perspective connectée, hommes, pratiques et savoirs

Coordination : Olivier Compagnon et David Dumoulin

Cet axe structurant du CREDA pour le prochain contrat quinquennal s’inscrit dans le prolongement direct des travaux réalisés, entre 2007 et 2011, au sein de l’axe intitulé « Le triangle Amérique latine – Europe – Amérique du Nord : circulation des savoirs et des pratiques culturelles ». Il repose en effet sur une appréhension de la région latino-américaine mettant l’accent sur les multiples connexions ou dynamiques circulatoires qui, d’une part, existent en son sein et qui, d’autre part, la lient au reste du monde. Nouvellement intitulé « Les Amériques en perspective connectée : hommes, pratiques, savoirs » (APC) cet axe propose des inflexions problématiques importantes, susceptibles de renouveler profondément les questionnements de cette équipe de recherche.


Etat et action publique : politiques publiques et développement, intégration régionale et insertion internationale

Coordination : Vera Chiodi

Cet axe résulte d’une redéfinition de l’ancien axe « Intégration régionale dans les Amériques » qui tient compte d’un tournant majeur intervenu en Amérique latine dans les années 2000 : le renforcement du rôle de l’Etat dans les processus économiques et sociaux.
Le « retour de l’Etat » en Amérique latine est vu comme une nécessité pour améliorer la qualité des politiques publiques et rompre avec les excès du libéralisme. Cela se traduit par l’intérêt croissant pour l’étude de la nature, les fondements et l’efficacité des politiques publiques. Cet intérêt va de pair avec une redéfinition de l’agenda public (associé à l’émergence de gouvernements dits de « gauche » ou de « centre gauche ») dans le sens de la mise en place de politiques de développement au sens large sur le plan social (lutte contre la pauvreté, politiques sociales innovantes, discrimination positive) comme dans le domaine économique (programmes d’infrastructure, sécurité énergétique, stratégies d’intégration régionale et d’insertion internationale).


Les grands espaces américains : Entre réorganisation agricole, protection et exploitation des ressources naturelles

Coordination : François-Michel Le Tourneau

Les Amériques demeurent le continent des grands espaces disponibles puisqu’elles n’abritent que 13,5 % de la population mondiale sur près d’un tiers de l’espace terrestre. Elles représentent également, selon la FAO (2005), plus de 68 % du total des forêts primaires  du monde (près de neuf millions de kilomètres carrés de forêts primaires sur 15 millions de kilomètres carrés de surfaces forestières), pour seulement un tiers des terres émergées, trois pays américains (Brésil, Canada et États-Unis) regroupant à eux seuls près de la moitié du total mondial de ces mêmes forêts primaires. Au total, le continent conserve une proportion importante de grands espaces encore peu ou pas anthropisés : si l’on s’intéresse au rapport entre les espaces habités ou utilisés par l’agriculture et l’élevage et les espaces naturels, on remarque encore que les Amériques conservent une proportion particulièrement forte des seconds, atteignant 70 % contre 60 % pour les autres continents.


Villes et territoires métropolitains dans les Amériques: enjeux sociaux et environnementaux

Coordination : Cynthia Ghorra Gobin et Denis Merklen

Cet axe est centré sur les territoires métropolitains et plus particulièrement sur leurs enjeux dans un monde caractérisé par une urbanisation galopante qui fait que la moitié de la population réside dans des villes et que les Amériques représentent le continent le plus urbanisé. Le territoire métropolitain, quelles que soient les modalités de son découpage ou sa taille --le recensement aux Etats-Unis a retenu l’appellation « territoire micropolitain » lorsque le chiffre de population de la ville centre n’excède pas 50.000 habitants--, se justifie notamment parce que c’est désormais à cette échelle que se joue l’ « avantage comparatif », soit la rivalité inter-métropolitaine dans un contexte caractérisé par la mondialisation et la globalisation. Le choix en faveur d’une insertion dans les flux économiques contraint de nombreux décideurs à privilégier l’attractivité territoriale au travers de politiques publiques centrées sur des opérations d’urbanisme et d’aménagement de prestige --parfois qualifiées de méga-- susceptibles d’attirer capitaux et classes créatives et ainsi d’assurer la bonne performance de la métropole dans les classements mondiaux. L’intérêt donné au registre économique façonné par l’idéologie néo-libérale ne va pas sans entraîner des répercussions dans le champ social et de nombreux conflits pour ce qui concerne les représentations et les usages liés à l’environnement. Les grandes métropoles constituent l’espace d’une « question sociale et environnementale urbaine ».