Institut des Hautes Etudes de l'Amérique latine
Centre de recherche et de documentation sur les Amériques

Retratos IHEAL - Carmen Luyo Gonzalez

Carmen a quitté sa ville natale de Lima pour rejoindre la France en 2006 lorsqu’elle avait 15 ans. Très vite intégrée, c’est avec un BAC ES en poche qu’elle commence sa vie universitaire à la Sorbonne-Nouvelle, en s’engageant pour la licence de LLCE (langues, littératures et civilisations étrangères) Espagnol. Déçue par cette formation trop ibéro-centrique à son goût, elle décide d’intégrer l’IHEAL pour établir un véritable lien entre ses études et ses racines latino-américaines.

Partie sur l’idée d’étudier le rôle de la famille dans les inégalités de genre dans l’éducation, c’est durant le cours intitulé « Travail, culture et identité » que le déclic se fait pour Carmen : la mode deviendra à partir de ce moment son sujet de prédilection.

Effectivement, c’est en arrivant à Paris, « capitale de la haute-couture », que Carmen, adepte de couture depuis son plus jeune âge, se passionne de plus en plus pour la mode, et, pour faire le lien avec son pays d’origine, elle se lance sur le thème de la sociologie de la mode au Pérou pour son Master 1. Cette première année lui a permis d’asseoir les grandes théories de la mode en Europe, aux Etats-Unis, l’histoire du vêtement au Pérou, ainsi que de réaliser plusieurs entretiens avec des jeunes créateurs au Pérou.

Après cette première année, très dense en cours « très intéressants » et en charge de travail, elle se plonge dans la Recherche pour son Master 2, toujours avec l’objectif d’étudier la mode d’un point de vue sociologique.

C’est en avril 2018 qu’elle partira en terrain de recherche, terrain bien familier puisqu’il s’agira de partir à Lima. Ce sera l’occasion pour notre jeune chercheuse d’approfondir les questions d’identité et de genre, d’occidentalisme et du conflit de classe sociale qui tournent autour de la mode au Pérou.

Elle se questionnera aussi sur l’identité de la mode péruvienne, dont l’histoire du vêtement a une très grande importance et qui a été marquée par l’histoire du pays : les Incas, l’indépendance et l’influence occidentale sont des évènements historiques à prendre en compte si l’on veut réellement comprendre l’évolution de la mode au Pérou et ce qu’elle est aujourd’hui.

La mode est également source de différenciation des classes sociales : les défilés sont adressés à la bourgeoisie limeña, dont les valeurs se rapportent largement à l’Occident, et il est clair que l’accès à ce luxe est limitée, « quand on voit qu’une chemise peut coûter 200 soles, alors que 800 soles c’est le salaire minimum » fait remarquer l’étudiante.

Outre cette portion de la société de consommation de biens de luxe, très favorisée, il est aussi question dans le système de la mode des rapports entre la marque et la main d’œuvre, concernant souvent la population indigène, qui se fait largement exploitée.

Afin d’appréhender l’ensemble des enjeux de la mode, au cours de son terrain de recherche Carmen espère assister à un défilé, puis se rendra à « Perú Moda », une foire aux vêtements. Elle ira également frapper à la boutique des créateurs pour s’entretenir avec eux, mais aussi avec les clients et les couturiers.

 

 

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Publié en mai 2018