Institut des Hautes Etudes de l'Amérique latine
Centre de recherche et de documentation sur les Amériques

Retratos IHEAL - Juan Santoyo

Une fois passée sa jeunesse en Colombie et avec un BAC L en poche, Juan Santoyo décide d’explorer de nouveaux horizons et c’est à l’Université de Lyon 2 qu’il commence son double cursus « Droit-Sciences politiques ». Arrivé en L2, il choisit de poursuivre ses études à l’IEP de Lyon. Mais l’appel de l’Amérique latine ne va pas tarder à se faire entendre, qui lui réserve deux grandes aventures…

La première se matérialise par un voyage de 6 mois au Brésil. Parti pour Aracaju (au Nordeste du Brésil, un choix de destination consciencieux pour une intégration brésilienne réussie), Juan y étudie tout le premier semestre à l’Universidade Federal de Sergipe et fait quelques-unes de ses plus belles rencontres : « des gens super intéressants, des biologistes, des paysans » ... en réalité, toutes personnes investies dans l’agriculture familiale, ce qui lui a permis de s’ouvrir à la question écologique, celle de la gouvernance environnementale et à l’agro-écologie. Son enthousiasme l’a donc conduit à une participation active pour monter des marchés agro-écologiques, ou encore à assister aux réunions de mouvements des sans-terres ; mais son action ne s’arrête pas là.

Après son séjour au Brésil, c’est le Mexique qui l’attend, où il effectue un stage de 6 mois au sein du Centro de Investigación científico del Yucatán, à Mérida, dans le cadre d’un projet international de reforestation en collaboration avec les Mayas. Ce stage permet à Juan de non seulement veiller au bon déroulement du projet tout en faisant un travail de sensibilisation auprès de la communauté indigène, mais également d’effectuer un travail scientifique (comment mesurer la masse de carbone, par exemple) : des expériences confirmant ses convictions déjà bien établies. Ce travail sur le terrain a également aiguisé son esprit critique sur la situation : « le Mexique, avec le Brésil, sont les pays de Amérique latine qui s’investissent le plus pour les projets environnementaux. Mais un projet international de reforestation au Yucatán n’empêche pas une surexploitation pétrolière dans la région frontalière avec le Guatemala », explique-t-il.

De retour en France, Juan suit des cours de Master 1 en « Conduite de projets et développement durable des territoires » à Sciences Po ; et, regrettant le manque d’ouverture internationale de la formation, il se dirige en Master 2 professionnel à l’IHEAL où il pourra pleinement se plonger aux spécificités de l’Amérique latine. Son projet le conduit désormais en terre connue : la Colombie. Il commencera son stage en ce mois de mars 2018 au sein de la Red Nacional de Agricultura Familiar, un réseau créé en raison d’un appel des Nations Unies en 2014, année de l’agriculture familiale, qui coordonne mouvements, organisations, associations et paysans cherchant à s’accommoder avec les principes de l’agriculture familiale (au total, 130 organisations paysannes).

Une des raisons pour lesquelles la Colombie sera la nouvelle destination de Juan est celle du contexte actuel de son pays : les réformes agraires se retrouvent en première ligne dans le cadre du traité de paix avec les FARC. Il s’agit donc d’approcher de plus près les problématiques de restitution territoriale, ainsi que les questions environnementales et sociales qui en découlent.

Son engagement pour la Colombie n’est pas nouveau car il est déjà membre à Paris de l’association Ciudadan@s por la paz de Colombia, qui elle-même a pris l’initiative de créer un média multi-langues (français, espagnol, anglais, allemand) dénommé Pazport.press (es.pazport.press).

Ce média défini comme la « première plateforme polyglotte d’information et d’analyse sur le processus de transition de paix en Colombie » rassemble des citoyens engagés comme Juan qui partagent l’ambition d’atteindre un public très large, allant des dirigeants de l’Union européenne, de la communauté académique jusqu’à l’opinion publique internationale. Car depuis les accords de paix, des crimes de guerre ont perduré, des crises humanitaires sont dénombrées et Pazport.press permet d’offrir une « source d’information indépendante, fiable et de grande qualité », en vue d’apporter une véritable situation de paix en Colombie avec la participation active de citoyens de toute nationalité en collaboration avec les organisations colombiennes et européennes.

 

 

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Publié en février 2018