Institut des Hautes Etudes de l'Amérique latine
Centre de recherche et de documentation sur les Amériques

Séminaire de recherche en sociologie

Code: 
H9OP22
enseignant(s): 
Denis Merklen
Année: 
2018-2019
Présentation: 

Seminaire de recherche en sociologie
(ex-ERSA)
Sous la direction de Denis Merklen
 

Programme 2018-2019 en cours d'élaboration

 

Le séminaire aura lieu toujours un vendredi (voir dates précises plus bas), et toujours de 14 à 17h dans la salle Paul Rivet de l'IHEAL

 

ATTENTION étudiants M2R : 1ère séance le vendredi 9 novembre à 14h en salle Paul Rivet

 

Le seminaire de recherche en sociologie (anciennement ERSA) propose chaque année un espace de travail collectif et ouvert autour de questions d’ordre méthodologique (terrain, écriture, interdisciplinarité, comparatisme), de contenu et de problématique centré sur la recherche comparée Europe – Amérique latine. L’apprentissage de la réflexion collective en sciences sociales est l’un des objectifs premiers du séminaire.

Quatre types de sessions sont organisés sur l’année.
La discussion des travaux des participants au séminaire : les étudiants et chercheurs participant au séminaire proposent leurs travaux à la discussion collective. Du projet de recherche en élaboration à la présentation de résultats et la publication, en passant par les différentes étapes de l’enquête. Cette dynamique de type « atelier » vise à créer un climat de discussion où la recherche de chacun devient l’objet de la réflexion collective.
Invités : des intervenants extérieurs sont conviés à présenter leurs travaux, en fonction du programme du séminaire de l’année. Quelques membres du séminaire préparent en amont la discussion avec l’intervenant.
Lecture : le travail sur des textes fondamentaux ou récents occupe une place importante dans la dynamique du séminaire. Des séances sont dédiées à la discussion de textes en fonction du programme de l’année. Des étudiants et/ou des chercheurs sont invités à discuter un texte.
Deux séances de travail intensif sont organisées en début et en fin d’année. Ces mini-journées d’études visent à définir le programme de l’année, à l’intégration des participants et à une meilleure interconnaissance. Lors de la séance de début d’année, des sous-groupes d’étudiants travaillant sur des thématiques connexes sont constitués, notamment pour la préparation de certaines séances.

 

Thème central pour l’année sociologique 2018-2019 : L’Etat et son expérience

 

En continuité du travail commencé l'année dernière, nous poursuivont notre réflexion sur l’Etat au temps présent, avec trois axes de travail :

  1. L’Etat dans la sociologie, exploration bibliographique et dans nos enquêtes
  2. L’Etat aujourd’hui en Europe et en Amérique latine
  3. L’expérience sociale de l’Etat

 

Ces trois axes de méthode correspondent à une triple présence de l’Etat qu’il convient d’interroger.

L’Etat de la recherche : Premièrement, il faut prendre acte du fait que l’Etat est omniprésent dans nos enquêtes et dans notre réflexion. Nous travaillons sur l’éducation, sur le sport, sur la culture, sur les classes populaires, sur les partis politiques, sur la loi ou sur le droit, sur le travail ou les politiques sociales, l’Etat apparaît devant nous comme une dimension consubstantielle de nos objets de recherche quand il ne constitue pas notre objet premier d’exploration en tant que tel. Ce constat contredit les affirmations soutenant que l’Etat s’efface ou qu’il perd en importance, trop simplistes.

Or, les théories et les conceptualisations de l’Etat dont nous disposons, peu importe qu’elles soient plus ou moins partielles ou générales, ne permettent pas de penser ni de saisir de manière satisfaisante cette présence de l’Etat dans les sociétés contemporaines. Et lorsque la sociologie se fait sans prendre en compte de l’Etat, elle est naïve voire impossible, au mieux une monographie sans portée. Il s’agit donc d’explorer des travaux nous permettant de mieux saisir l’Etat tel que la sociologie l’observe, le pense, en rend compte. Ceci inclut évidemment une discussion collective sur nos propres travaux.

Réalité de l’Etat aujourd’hui : sur ce premier registre se pose la question de la réalité objective de l’Etat, ce qui oblige à la fois à un travail de description (localisée) et de conceptualisation (à portée générale) : comment est l’Etat en Argentine, au Brésil, au Mexique, en Espagne, en Allemagne, en France ? Qu’est-ce qui autorise à penser que ces diverses formes institutionnelles et symboliques relèvent du mot « Etat » ? Un premier écueil se présente à propos du périmètre de l’Etat qui apparaît comme difficile à identifier. Est-ce qu’une institution publique fait partie de l’Etat ? Qu’en est-il des municipalités, provinces, départements et autres instances du gouvernement local ? Que faire de la frontière entre l’Etat et les instances supranationales ? Quelle est la frontière qui sépare et fait communiquer l’Etat et la politique ?

Plus profondément, face à la prééminence de la pensée libérale, quelle relation entre Etat et démocratie ? Comment sortir d’une logique quantifiable qui réduit le problème de cette relation à un débat sur « plus » ou « moins » d’Etat dans la démocratie ?

Michèle Leclerc-Olive travaille actuellement sur les rapports entre Etat et finances, ce qui est le premier conditionnant des Etats.

L’expérience sociale de l’Etat : troisièmement, puisque la nature et le périmètre de l’Etat dans les sociétés contemporaines sont difficiles à identifier, nous explorerons l’expérience sociale de l’Etat. Cette expérience est celle d’institutions publiques (l’école et les services sociaux, la police, l’armée), d’instances de gouvernement, de pouvoirs (exécutif, législatifs, judiciaire, local, national…), de services publics divers, des administrations et des bureaucraties, d’agents sociaux aussi différenciés (le fonctionnaire et l’homme politique, les autorités) de la loi et du droit, des biens publics (un parc, l’eau, l’océan, le sous-sol, les routes et les chemins de fer). Une expérience sociale qui se décline par les plus inattendues des variables : l’Etat selon les jeunes, l’Etat des familles, l’Etat des classes populaires et des classes moyennes, l’Etat des artistes et de la culture, l’Etat des salariés et celui des entrepreneurs… Une expérience sociale de l’Etat qui se décline aussi, évidemment, sur le plan national, mais qui pour certaines catégories sociales peut être vécu à partir des aspirations et de l’expérience de la « mondialisation ».

En quoi l’expérience de l’Etat est-elle informée collectivement ? Et quelles seraient les formes du collectif qui informent l’expérience individuelle de l’Etat ? Explorer l’expérience sociale de l’Etat c’est une interrogation concernant la socialisation politique des agents et catégories sociaux.

 

Nous interrogerons ainsi cette triple réalité de l’Etat (dans son organisation effective, dans l’expérience sociale de cette organisation, dans la sociologie) dans le temps présent. Il s’agit d’observer l’Etat aujourd’hui tel qu’il se présente à nous. Pour ce faire, nous serons attentifs à la manière dont cette présence de l’Etat se manifeste en Europe et en Amérique latine (dimension comparative à la fois dans la sociologie européenne et latino-américaine, dans l’expérience sociale de l’Etat et dans sa réalité objective).

 

Pour l'année 2018-2019, deux modalités d'exploration de l'Etat sont privilégiées:

 

  • Une séance exceptionnelle est programmée le 23 novembre avec Franck Poupeau à partir de la lecture de l'ouvrage de Pierre Bourdieu, Sur l’État: cours au Collège de France, 1989-1992 (Paris, Raisons d’agir, Seuil, 2012).

 

  • L'Etat de nos travaux: il s'agit d'une présentation critique de la manière dont l'Etat apparaît dans nos recherches et, notamment, dans nos enquêtes de terrain.

 

  • Un programme de lectures d'ouvrages classiques et de travaux récents sur l'Etat.

 

 

Cronogramme de l’année 2018-2019
Les séances auront lieu les vendredis, de 14h à 17h
Salle "Paul Rivet"
de l'IHEAL - 28 rue Saint Guillaume 75007 Paris

02 Octobre : Réunion de travail avec les doctorants. Bilan de l'année 2017-2018 et préparation du séminaire de l'année.

 

09 Novembre :  Première partie de la séance pour les étudiants en M2R : présentation du programme du séminaire de l’année.

Présentation M2R:  Chaque étudiant présentera son projet de recherche pendant 10 min. Il présentera le titre de son projet, sa problématique, ses sources bibliographiques, sa méthode et sa stratégie de recherche (comment il compte faire). Préalablement, chaque étudiant m'enverra une page écrite de présentation de son projet que je ferai suivre à la liste des étudiants inscrits dans le séminaire.

Deuxième partie à partir de 15h30 : L’Etat dans nos travaux, présentation de Julien Dufrier (IHEAL/CREDA, doctorant) à partir de son terrain récent au Nicaragua. L'Etat contre le peuple?

 

23 Novembre : Discussion autour de l'oeuvre Sur l'Etat de Pierre Bourdieu, échanges avec Franck Poupeau.

 

30 Novembre : Suite de la première séance, discussion des projets de recherche avec les étudiants en M2R.

Chaque étudiant présentera son projet de recherche pendant 10 min. Il présentera son titre, sa problématique, ses sources bibliographiques, sa méthode et sa stratégie de recherche (comment il compte faire). Préalablement, chaque étudiant enverra une page écrite de présentation de son projet à la liste des étudiants inscrtits dans le séminaire.

 

07 décembre :  L’Etat dans nos travaux, présentation de Karina Dubinsky, doctorante Universidad de Buenos Aires: Les cas de "mis à l'épreuve" (probation) dans la justice pénale. Une observation des pratiques de contrôle social au sein de la Justice (Argentine).

Lecture: Jean-Marc Weller : Fabriquer des actes d'Etat. Une ethnographie du travail bureaucratique, Editions Economica, 2018. Discussion introduite par Victor Pineda, doctorant à l'Université Nanterre - Paris Ouest.

 

11 janvier: Lecture: Jean-François Laé: Une fille en correction. Lettres à son assistante sociale (1952-1965), CNRS Éditions, 2018, en présence de l'auteur.

 

01 février : L’Etat dans nos travaux, Lorena Custodio (IHEAL-CREDA et Universidad de la Republica, Uruguay) et Denis Merklen: L'Etat du Frente Amplio, une expérience des politiques sociales de l'Uruguay 2005-2017. A partir d'une enquête en cours

 

15 février : Lectures : Juan Carlos Portantiero : Los usos de Gramsci, Buenos Aires, Folios ediciones, 1983 ; et José Arico : La cola del diablo. Itinerario de Gramsci en América Latina, Buenos Aires, Puntosur, 1988.

 

01 mars : L’Etat dans nos travaux, Florencia Dansilio et Nicolas Fayette (CREDA-IHEAL) Après-Démos, à partir d'une enquête sur les politiques culturelles de la Philarmonie de Paris.

 

15 mars: Séance de clôture, convivialité, bilan de l'année.